J'ai trois ans

La franc-maçonnerie dite bleue ou symbolique comporte trois grades dont celui d’apprenti représente le premier.

L’apprentissage est la phase la plus importante du chemin initiatique maçonnique, et si celle-ci n’est pas correctement appréhendée, le chemin devient alors un labyrinthe inextricable.

Il ne sert à rien de brûler les étapes, car le cordon n’a jamais fait un maître, pas plus que le tablier. Seule la compréhension exacte des symboles permet de discerner le bon grain de l’ivraie, mais pour cela, il faut travailler.

Travailler avec zèle, constance et régularité, pour que le résultat devienne un chef-d’œuvre, car l’apprentissage d’aujourd’hui définit le maître de demain. Nous sommes l’initiant et l’initié, aussi nous ne devons compter que sur nous-mêmes et sur notre propre capacité à raisonner, déduire, et examiner chaque éventualité, car il n’est aucune construction pérenne qui ne repose sur de bonnes fondations.

Si c’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon, c’est lorsqu’il doit bâtir en plein hiver sous la neige que l’on en constate sa détermination.

« Frappe, on t’ouvrira ; demande, et tu recevras ; cherche, et tu trouveras. » Cette triple assertion trace à elle seule, le chemin initiatique. Elle pourrait se traduire par : frappe à la porte de ta conscience, et elle t’ouvrira ; demande, et elle te répondra ; cherche en elle, et tu trouveras.


Très peu d’entre nous savent dès le départ ce qui les a poussés à vouloir s’initier. Seuls ceux, qui de leur propre initiative, ont fait la démarche de frapper à la porte du temple, peuvent en avoir une idée, ou tout du moins, on peut l’espérer. La plupart d’entre nous, avons été cooptés par une connaissance, et après trois enquêtes sommaires, nous nous sommes retrouvés dans une loge.


Le terme coopter est plaisant à entendre et flatte notre ego, car on pense que nos qualités ont été remarquées pour faire partie d’un cercle, cercle que l’on croit être constitué de personnes d’exception. Cependant il n’en est rien, et ceci, aussi bien dans un sens que dans l’autre. Ceux qui nous ont abordés ne sont en rien des élites, pas plus que nous-mêmes. La plupart d’entre nous, n’en déplaise à certains, avons été « recrutés » et non « cooptés ». Ceci dit, cela n’est pas bien gênant, car la franc-maçonnerie est à l’image d’une auberge espagnole ; on y trouve uniquement ce que l’on y amène. En revanche, même si l’on ne sait pas pourquoi l’on y est entré, on doit rapidement savoir pourquoi l’on y reste. Que l’on ait été coopté, recruté, ou bien que l’on ait fait sa demande soi-même auprès d’une obédience, n’a pas grande importance. L’important est d’être aujourd’hui sur les colonnes et de réaliser l’importance de la chose. Le hasard n’existe pas, pas plus que les coïncidences, notre présence en franc-maçonnerie n’est due qu’à nous-mêmes à travers la synchronicité que nous avons sollicitée, et qui n’avait aucune raison objective de ne pas se mettre en œuvre. Cependant, si notre présence sur les colonnes est notre premier succès, cette synchronicité n’est que le résultat de notre demande. La démarche première est maintenant de savoir pourquoi nous avons souhaité être présents sur les colonnes et il va falloir répondre à cette question le plus honnêtement possible. Sommes-nous entrés en franc-maçonnerie pour agrémenter notre carnet d’adresses ? Par curiosité ? Pour débattre de contingences sociales, politiques, caritatives, voire sociétales ? Pour se faire des amis et passer quelques soirées mensuelles en franche camaraderie ? Ou bien pour accéder à une voie initiatique qui nous permette l’éveil ? Les implications ne sont pas du tout les mêmes selon le choix que l’on opère. Aussi nous faut-il sans aucune ambiguïté répondre à la question, par nous-mêmes et pour nous-mêmes.


Voulons-nous nous initier, ou bien jouer à l’initié ?

Synchronicité : pour Jung ce n’est pas que deux évènements se produisent en même temps, (ça c’est le synchronisme), mais le lien causal auquel un sens est donné par le sujet à cette occurrence. Exemple : c’est de recevoir un appel téléphonique d’une personne à laquelle on était justement en train de penser.

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